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Absence de MOTS, pléthore de MAUX

Les générations nouvelles ont pour « langue maternelle » les écrans, qu’ils soient d’ordinateurs ou de téléphones mobiles. Leur rapport au réel passe donc par l’œil et l’image d’abord et leur rapport au temps est fondé sur l’immédiateté de la connexion virtuelle ou sur la rapidité de réponse d’une consultation internet.

Absence de MOTS, pléthore de MAUX

Sans doute nombre d’entre nous préfèrent encore écrire, stylo en main, plutôt que seulement par mail, et heureusement le téléphone n’est pas
encore entièrement remplacé par les SMS. Ainsi la main et la voix portent encore leur part d’humanité. Or que portent l’oralité et le contact physique qui soient si importants ?

L’ORALITÉ

L’oralité repose en premier lieu sur la voix qui la véhicule. Qu’est-ce qu’une voix ? Une voix est une mécanique, doublée d’une alchimie unique.

Unique ? Tous ceux qui ont perdu un être cher l’ont éprouvé lorsqu’ils se sont aperçus que ce qui était le plus rapide à s’évanouir dans la présence et le souvenir c’était la voix de l’Autre.

Unique ? Parce que la voix de chacun est le résultat de la « fabrication » sonore que chaque être humain a bâti depuis sa vie intra-utérine avec sa
mère et tout au long de son enfance avec ses parents et ses proches. Une voix parle non seulement de ce qu’elle dit mais autant de celui ou celle qui la porte, une voix est une part d’humanité.

L’oralité repose aussi sur la qualité des mots choisis pour exprimer les faits, les sentiments et les opinions. Plus cette qualité est exigeante et riche, plus la nuance de la pensée, l’exactitude des situations et la finesse des émotions trouvent les supports nécessaires à la compréhension.

L’oralité repose enfin sur la densité d’écoute de ceux qui reçoivent les messages : Il n’y pas d’oralité efficace sans dualité, l’oralité est avant tout
une relation.

Cette écoute sera soumise aux aléas de la diversité des langues, de la dégradation de l’environnement sonore, au degré de compréhension de
chacun, aux parasites émotionnels des uns et des autres au moment de l’échange, aux freins des préjugés… Mais quoi qu’il arrive, elle sera la fragile passerelle entre des êtres humains divers et en interaction.

LE CONTACT PHYSIQUE

Il commence avec le regard, mais ce n’est qu’un début ! Il se poursuit avec l’image projetée à travers le vêtement, se prolonge à travers le geste, aussi infime soit-il, joue avec les distances, et aboutit à la proximité avec ses multiples degrés de rapprochement.
Cette vibration corporelle, ces nombreux et légers signaux donnés par le corps, sont autant d’indications venant enrichir le message envoyé, et
permettant l’élargissement ou l’approfondissement du champ des interprétations.
En un mot, ce « langage corporel » vient éclairer, renforcer, parfois masquer et perturber, le message verbal entendu, écouté et reçu.

Dans la pratique managériale de tous les jours, la maîtrise de ces codes, de ce « savoir-faire et savoir être » lié au langage, oral ou corporel, est
indispensable à la qualité des informations échangées et à la circulation de l’énergie mobilisatrice entre les personnes et les équipes.

Structurer ses entretiens est un impératif : que dire ? Quand le dire ? Quels mots choisir ? Quels silences respecter ? Quels signaux repérer chez son interlocuteur ? Quel rythme donner à son message ?
Ecouter ses équipes, ses clients, ses partenaires, sa hiérarchie est une nécessité : Qui dit quoi ? Pourquoi ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi comme cela ? Pourquoi avec ces mots plus qu’avec d’autres ?
Différencier dans les messages, ce qui relève des faits, des opinions, des sentiments, des suggestions, est important pour sérier la réalité et se jouer de la complexité des propos.
Ne pas y parvenir, c’est se condamner à la pauvreté de l’expression, à l’imprécision des volontés, aux malentendus inévitables, et à la perte
d’efficacité.

Déshabituer les générations qui viennent des exigences du langage, c’est se préparer à une réparation infinie des dégâts provoqués par les
approximations et les débordements émotionnels qu’elles suscitent :
Absence de MOTS conduit à pléthore de MAUX

Michel Calef
Associé CLEF-Conseil /key-consulting