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L’objet social de l’entreprise

Le bien commun au cœur de la stratégie des entreprises

En mars dernier, la mission Senard-Notat remettait au ministre de l’Économie, ses conclusions et préconisations quant à la réécriture du Code civil, permettant aux entreprises de prendre en compte les enjeux sociaux et environnementaux de leur activité et de définir, pour celles qui l’envisagent, une raison d’être dépassant le cadre de l’intérêt des actionnaires. L’objet social des entreprises va-t-il contraindre ces dernières à adopter des comportements différents ?

La dimension sociétale des entreprises

La proposition des porteurs du projet est de compléter l’article 1833, qui indique qu’une entreprise « est constituée dans l’intérêt commun des associés » avec les termes suivants : « la société doit être gérée dans son intérêt propre, en considérant les enjeux sociaux et environnementaux de son activité ». Cette proposition fait appel à la notion d’intérêt propre, plus étendue que les seuls intérêts des associés.

Pour pérenniser les évolutions de comportement des entreprises, c’est d’abord vers le cœur même du management qu’il convient de se tourner, car c’est à ce niveau que la dimension sociétale des organisations prend racine.  En effet, c’est bien de dimension sociétale des entreprises dont il s’agit, et qui va au-delà des engagements des entreprises au regard de la RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises), ces dernières devenant de véritables acteurs au sein de la société, des entités qui participent et contribuent pleinement aux orientations stratégiques de la vie sociale et de la collectivité dans son ensemble.

Comment l’entreprise peut-elle devenir un acteur à part entière ?

Le thème de l’objet social de l’entreprise soulève de nombreuses questions et invite à la réflexion. Si l’entreprise est vouée à adopter un rôle essentiel dans la société, il convient de réfléchir quant à lui faire adopter des comportements allant au-delà de la communication, elle-même orientée par un enjeu d’image. Le temps est venu pour les entreprises de prendre conscience des enjeux démographiques auxquels elles vont devoir faire face avec, notamment, des collaborateurs émanant d’une nouvelle génération avec des idées et des attentes différentes par rapport à leurs aînés, mais également une sensibilité particulière au problème du développement durable. Bien plus qu’un pourvoyeur de richesse, l’entreprise va devoir surmonter sa propre vision de ses responsabilités et de son existence, pour se positionner comme un véritable partenaire, acteur de la construction de la société entière.

Alors qu’il est possible de se référer à des exemples de réussites sur le plan local comme en Allemagne ou encore dans les pays nordiques où les entreprises fonctionnent en harmonie avec la société dans sa globalité, il convient d’adopter une approche plus systémique et globale. Une approche qui permette de trouver une forme d’équilibre entre les intérêts privés de chacun et la responsabilité collective de l’entreprise, qui s’inscrit dans le temps et se transmette par le biais d’une forme de solidarité intergénérationnelle.

L’entreprise, un lieu de société dans la société

Juste derrière la cellule familiale, c’est dans l’entreprise que l’essentiel des relations sociales prend place. Ainsi, tout naturellement, il est important que l’entreprise continue à jouer un rôle de lieu d’échanges, reliant des individus entre eux. Un rôle fédérateur qui prend une importance particulière dans le vivre-ensemble. Si l’entreprise est amenée à devenir un lieu de passage qui relie différents mondes, il appartient aux décideurs d’adopter les comportements et les valeurs nécessaires pour que leurs équipes communiquent entre elles, se respectent et travaillent ensemble. Comment cette dimension se traduira-t-elle au niveau des décideurs ? Quel rôle devront-ils adopter ? Quelle approche ? Autant de questions auxquelles les entreprises devront trouver des réponses.