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Exigent avec soi-même, bienveillant avec les autres

« Bienveillance ». Le mot est sur toutes les lèvres et dans tous les domaines. Dans le monde professionnel, la bienveillance s’inscrit même comme un outil de management à part entière, dont les résultats ne sont plus à démontrer. Fidélisation des talents, attractivité, ambiance positive, productivité… le management bienveillant a du bon. Néanmoins, la bienveillance n’arrive pas d’elle-même. Pour en faire preuve, il faut d’abord développer le respect envers les autres en commençant par être exigeant avec soi-même. En quoi consiste cette exigence ? En quoi est-elle un prérequis pour développer une attitude bienveillante envers ses collaborateurs ? Nous faisons le point.

Derrière chaque leader, il y a une histoire

Lorsque l’on observe les grands leaders de ce monde, leur réussite nous fait envie. Glorifiés et romancés, ils apparaissent comme des exemples de réussite. Néanmoins, on oublie que derrière chaque leader, il y a une histoire qui commence, bien souvent, au bas de l’échelle. Avant d’être à la tête de l’empire Starbucks, Howard Schultz lui-même a dû compter ses pièces une à une pour s’acheter un café latte. JK Rowling, avant de donner naissance à Harry Potter et de connaître le succès, a dû quitter le Portugal avec un enfant sous le bras pour échapper à une relation de couple houleuse… On oublie également qu’avant d’atteindre le sommet, ils ont dû essuyer un échec et se relever – plusieurs fois pour certains, d’ailleurs. Bill Gates n’a-t-il pas laissé Harvard de côté pour se lancer dans Traf-O-Data un business rapidement passé à la trappe ? Henry Ford n’a-t-il pas été ruiné par ses deux premières tentatives de création d’entreprise ?

Ils ont connu des moments difficiles, l’échec, des passages à vide… et leur résilience les a menés à la gloire. Les mauvaises langues diront que la chance a peut-être contribué, un tant soit peu, au succès de certains d’entre eux. Une chose est sûre, néanmoins : sans être exigeants avec eux-mêmes, les leaders de ce monde ne seraient que des noms parmi tant d’autres, sur une liste, qui sait ?

Des pouvoirs inexploités dans les entreprises

La croyance populaire veut que les entreprises échouent parce que leurs gestionnaires exigent trop de leurs employés. N’est-ce pas plutôt le contraire ? Les êtres humains sont capables d’accomplir bien plus que ce que l’on pense. Chacun d’entre nous possède des pouvoirs dont nous n’avons pas conscience et que les entreprises manquent d’exploiter, car concentrées sur les objectifs, la motivation, la gestion et autres récompenses.

N’est-il pas trop facile d’exiger moins de soi ? Et cette manie, que nous avons, de trouver des excuses en toute occasion… Pas assez de temps, trop difficile, pas assez de ressources ou de moyens, pas suffisamment formé, manque d’intérêt, manque de soutien de la part d’une équipe ou de la direction… La liste est longue !

À patron moyen, employés moyens

Il n’est pas rare, pour certains managers et patrons d’entreprise dits « bienveillants », de féliciter leurs collègues d’une tape sur l’épaule à tout-va. « Bien joué, Bernard ! », pour un contrat signé… « Félicitations, Jean-Louis » pour un nouveau client gagné… Les Bernard et Jean-Louis de ce monde se sentent-ils vraiment valorisés ? Certes, les nouveaux venus sont avides de ce type de feedback, car qui leur donne un sens de respect et de reconnaissance, au moins au cours des premiers temps dans l’entreprise. Une fois la lune de miel passée, il est peu probable que ces phrases et gestes lancés à la volée aient le même effet, sur une même personne. En réalité, il est même possible que l’effet inverse se produise. À la seconde où un chef d’entreprise permet à ses responsables d’accepter des résultats moyens de la part de leurs collaborateurs, la complaisance s’installe et s’enlise. Contagieuse, elle se perpétue à travers l’entreprise au point même que chaque nouvelle recrue est, comme le reste du personnel, de niveau moyen. La bienveillance rimerait-elle avec un niveau d’exigence moindre ?

Comment, alors, éviter de s’enfoncer dans la médiocrité ? Peut-être est-il temps de procéder à une introspection en acceptant que l’un des moyens – peut-être le seul – est d’exiger plus de soi-même pour ensuite exiger plus des autres, à travers une attitude de respect et de bienveillance.

L’exigence, prérequis de la bienveillance

Dès leur plus jeune âge, les individus sont confrontés à une notion d’exigence qui prend des formes diverses selon le contexte. À l’école, l’exigence des enseignants rime avec dureté et sévérité. Le système scolaire, tel que nous le connaissons, ne laissant que très peu de place à l’erreur et à l’expression libre, ce concept d’exigence s’est immiscé dans les cerveaux des personnes issues des générations X et Y, jusque dans les entreprises, se confondant bien souvent à une forme d’autorité à respecter sous peine de sanctions. Ainsi, lorsque l’on en vient à parler de patron exigeant, les connotations négatives sont souvent les premières à retentir dans les esprits, portant à croire que le patron en question en demande trop de la part de ses salariés.

Si l’on s’intéresse au domaine du sport, l’exigence prend une tout autre forme. Un coach exigeant est un entraîneur qui souhaite que ses athlètes ou ses joueurs donnent le meilleur d’eux-mêmes pour gagner. À travers l’écoute, les conseils et la bienveillance, il mène son équipe à la victoire. Pourquoi l’exigence devrait-elle revêtir une autre forme dans le domaine de l’entreprise ? N’est-elle pas, dans le domaine du sport comme dans celui du business, une condition sine qua non pour montrer une attitude bienveillante et pour réussir ?

Être d’abord exigeant avec soi-même

Le grand joueur de basket Julius Irving a dit : « J’exige plus de moi-même que n’importe qui d’autre ne pourrait l’espérer. » Une leçon de vie dont chacun d’entre nous devrait s’inspirer. Montrer l’exemple, amorcer un comportement positif en se montrant exigeant avec soi-même, aller jusqu’au bout des choses… Les leaders n’exigent pas l’excellence. Ils la transmettent naturellement, par leurs actions, et par leur comportement, se présentant comme des modèles à suivre pour leurs équipes. Plaçant la barre suffisamment haut pour eux comme pour leurs collaborateurs, ils s’activent à dépasser leurs limites au quotidien. Pour celui qui est exigeant avec lui-même, une seule question revient en boucle : « Est-ce le meilleur que l’on peut faire ? ». Les personnes qui visent l’excellence sont d’abord exigeantes envers elles-mêmes, nous poussant à viser haut et nous assurant de rester concentrés sur le but à atteindre. Elles veulent des résultats, quels que soient les antécédents, les problèmes de politique interne et les difficultés à surmonter.

Exigeants, les meilleurs leaders de ce monde réfléchissent quant aux moyens de pousser leurs collaborateurs plus haut encore, s’attardant sur ce que les individus sont capables de faire et… sur ce qu’ils seraient capables de faire.

L’exigence requiert un esprit clair. Elle nécessite également d’avoir préparé l’ensemble de ses actions. Il s’agit de savoir ce que l’on fait et de ce que l’on veut faire pour aller jusqu’au bout des choses. Il ne s’agit nullement de tout contrôler, mais de réfléchir clairement aux actions à entreprendre pour atteindre un objectif, pour le bien de l’entreprise comme des individus qui la composent.